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Engagement Running

Running au féminin : quand la course brise les barrières

Liz Garnier
Liz Garnier

En 2003, les femmes représentaient 4 % des participants de l’UTMB. Vingt ans plus tard, elles sont 13 %. Le running féminin ne se résume plus à une tendance marketing : c’est une transformation profonde du paysage sportif français, portée par des chiffres, des pionnières et des collectifs qui refusent de courir dans l’ombre.

Mais si la pratique explose, la compétition reste un terrain inégal. Et vous, organisateur de course ou de trail, avez un rôle concret à jouer pour accélérer le mouvement.

12,4 millions de Français courent : et les femmes ?

Les chiffres de l’Observatoire du Running 2025 dessinent un portrait nuancé. Sur les 12,4 millions de pratiquants en France, 48 % sont des femmes. Près de la parité en pratique loisir. Et parmi eux, 8 millions courent au moins une fois par semaine.

En compétition, le décalage persiste mais se réduit : les femmes représentent désormais 35 % des finishers, soit une progression de 6 points depuis 2019 selon le même Observatoire du Running 2025. Un bond significatif en seulement six ans.

L’écart entre pratique et compétition révèle un vivier considérable : des millions de femmes courent régulièrement sans jamais s’inscrire à une course. 68 % des hommes courent trois fois ou plus par semaine, contre 61 % des femmes (Observatoire du Running 2025). La régularité est là, l’envie aussi. Ce qui manque, c’est souvent un environnement qui donne envie de franchir le pas du dossard.

Autre donnée marquante : 74 % des runners pratiquent aussi le trail (Observatoire du Running 2025). La frontière entre route et sentier s’estompe, et les femmes sont au coeur de ce mouvement. Elles ne cherchent pas seulement à courir plus vite : elles veulent courir autrement, en nature, en groupe, avec du sens.

Les freins qui persistent

Si la moitié des pratiquantes sont des femmes, pourquoi ne sont-elles qu’un tiers sur les lignes de départ ? Parce que les freins sont multiples, concrets, et souvent invisibilisés.

La sécurité, d’abord. Selon l’Observatoire du Running 2025, 75 % des femmes qui courent ont été confrontées à des situations problématiques : harcèlement de rue, remarques déplacées, sentiment d’insécurité à certaines heures ou dans certains lieux. Ce chiffre est massif. Il signifie que la pratique de la course à pied, pour les trois quarts des coureuses, est associée à au moins une expérience négative liée au genre.

Les responsabilités familiales, ensuite. Le running est souvent présenté comme le sport le plus accessible : une paire de chaussures et c’est parti. Mais cette accessibilité théorique se heurte à la réalité du partage inégal des tâches domestiques. Trouver une heure pour courir quand on gère les enfants, les repas et les devoirs reste un luxe pour beaucoup de femmes.

L’invisibilité médiatique. Combien de coureuses pouvez-vous citer spontanément ? Courtney Dauwalter, Katie Schide, Jasmin Paris… quelques noms émergent, surtout dans le trail. Mais la couverture médiatique du running féminin reste marginale par rapport au running masculin. Moins de modèles visibles, c’est moins de vocations qui naissent.

Les tabous physiologiques. Règles, grossesse, post-partum, ménopause : ces réalités du corps féminin sont longtemps restées absentes des conversations dans le monde du running. Courir avec ses règles, reprendre après un accouchement, gérer les bouleversements hormonaux de la ménopause : autant de sujets que les organisations sportives commencent à peine à prendre en compte.

Trail : les pionnières qui changent la donne

Le trail est devenu le laboratoire de la féminisation du running. Et l’UTMB, la vitrine.

Deux traileuses courant en montagne dans un paysage verdoyant
Photo by CRISTIAN CAMILO ESTRADA on Pexels

En vingt ans, la participation féminine à l’Ultra-Trail du Mont-Blanc est passée de 4 % à 13 %. Le chiffre peut sembler modeste, mais il traduit une multiplication par trois dans un sport extrême où les barrières à l’entrée sont particulièrement élevées.

L’UTMB ne se contente pas d’observer : l’organisation agit. Depuis 2024, des quotas de 20 % sur les ultras de 81 km et 30 % sur les trails de 48 km sont en place, comme le montre l’Ultra Trail du Vercors qui a adopté cette politique d’inclusivité. L’objectif est clair : si on ne réserve pas de places, les places ne se libèrent pas.

Mais les quotas seuls ne suffisent pas. L’UTMB a mis en place une politique de grossesse qui permet aux coureuses enceintes de reporter leur dossard pendant cinq ans. Cinq ans, pas un. Cette durée reconnaît que la grossesse et le post-partum ne se résument pas à neuf mois. Des protections hygiéniques sont mises à disposition sur les ravitaillements. Et depuis les Finals et Majors, les prix sont identiques entre hommes et femmes.

Les figures du trail féminin contribuent aussi à changer les mentalités. Courtney Dauwalter, qui a terminé dans le top 10 scratch de la Western States, a prouvé que les femmes pouvaient rivaliser sur les très longues distances. Katie Schide, double vainqueure de l’UTMB, est devenue une référence mondiale. En France, Blandine L’Hirondelle repousse les limites de l’ultra. Et Jasmin Paris, première femme à boucler la Barkley Marathons en 2024, a marqué l’histoire du sport tout court.

Ces résultats ne sont pas anecdotiques. Ils démontrent que sur ultra-distance, l’écart de performance entre hommes et femmes se réduit considérablement. Et ils inspirent une nouvelle génération de traileuses.

Collectifs féminins : courir ensemble, autrement

Le running féminin ne se construit pas uniquement sur les lignes de départ. Il se construit dans les parcs, sur les chemins, dans les groupes WhatsApp et les vestiaires improvisés. Les collectifs féminins de course à pied ont explosé ces dernières années en France, et leur impact dépasse largement le cadre sportif.

Deux femmes courant ensemble dans un parc, sourire aux lèvres
Photo by Gustavo Fring on Pexels

Mama Run rassemble des mères qui courent. Le collectif propose des entraînements adaptés, des témoignages sur la reprise après grossesse, et une communauté où la maternité n’est pas un frein mais un point commun. Run Like Girls organise des sessions de running accessibles, sans chrono ni jugement. Trail au Féminin fédère les traileuses autour de sorties, de stages et de contenus dédiés.

Ces collectifs créent des espaces bienveillants où les femmes peuvent courir sans se poser de questions : pas de remarques sur leur tenue, pas de pression sur leur allure, pas de mansplaining sur leur foulée. Ils jouent un rôle de sas d’entrée vers la compétition : une coureuse qui s’entraîne avec un collectif finit souvent par s’inscrire à sa première course.

Les événements engagés amplifient le mouvement. La course pour l’égalité du 8 mars aux Buttes-Chaumont, qui en est à sa 10e édition en 2025, mêle sport et engagement. Ce type d’initiative montre qu’une course peut porter un message, et que ce message attire des participantes qui ne se reconnaissent pas dans le format classique de la compétition chronométrée.

Pour vous, organisateur, ces collectifs sont des partenaires naturels. Ils connaissent les attentes, les freins et les leviers pour convaincre des coureuses de s’inscrire à votre événement.

Organisateurs : 5 actions pour féminiser votre événement

Vous voulez plus de coureuses sur votre course ? Voici cinq actions concrètes, testées par les organisations les plus avancées sur le sujet.

1. Instaurez des quotas de dossards féminins

Ce n’est pas un gros mot. Les quotas ne dévalorisent pas : ils ouvrent des portes. Si vous limitez votre course à 500 places et que les inscriptions se remplissent en majorité avec des hommes, réservez 30 à 40 % des dossards aux femmes. L’Ultra Trail du Vercors le fait, l’UTMB le fait. Et le niveau ne baisse pas — il monte, parce que des coureuses de talent accèdent enfin aux lignes de départ.

2. Adaptez vos infrastructures

Les vestiaires mixtes ou les files d’attente uniques aux toilettes sont des irritants qui semblent anodins mais pèsent lourd dans l’expérience des participantes. Mettez en place des zones de change dédiées, avec de l’intimité. Proposez des protections hygiéniques gratuites dans les zones de ravitaillement et près des sanitaires. Prévoyez des sanitaires en nombre suffisant — les femmes en ont besoin de plus, c’est un fait physiologique, pas un caprice.

3. Soignez votre communication inclusive

Regardez vos visuels : combien de femmes apparaissent sur vos affiches, votre site, vos réseaux ? Si la réponse est “une, en arrière-plan”, vous avez un problème. Utilisez des visuels qui montrent des coureuses en action, pas en décoration. Rédigez vos textes au féminin et au masculin. Et mettez en avant les résultats féminins avec la même visibilité que les résultats masculins — pas dans un encart secondaire.

4. Créez un programme d’ambassadrices

Identifiez des coureuses locales qui incarnent votre événement. Pas forcément les plus rapides : les plus engagées, les plus inspirantes, celles qui ont une communauté. Offrez-leur un dossard, un rôle de marraine, une visibilité sur vos supports. Elles feront venir dix coureuses chacune. C’est un levier que nous détaillons dans notre guide pour booster les inscriptions de votre course.

5. Repensez votre tarification

Certaines coureuses hésitent à s’inscrire parce que le coût est un frein. Proposez un tarif réduit pour les premières inscriptions féminines, un tarif duo (une coureuse + une amie), ou un tarif “première course” pour les débutantes. L’objectif n’est pas de brader, c’est de réduire la barrière d’entrée pour un public qui a besoin d’un premier déclic.

Communiquer la mixité avec votre appli

Votre appli Runify est un outil puissant pour valoriser les coureuses et encourager la mixité sur votre événement. Voici comment l’exploiter.

Coureuse franchissant la ligne d arrivée avec le sourire
Photo by RUN 4 FFWPU on Pexels

Mettez en avant les résultats féminins. Dans les classements, affichez le classement féminin avec autant de visibilité que le classement général. Proposez des notifications push dédiées : “La première femme vient de passer le km 30 !” Ces moments créent de l’émotion et de la visibilité pour les coureuses.

Créez des galeries photos inclusives. La photo d’arrivée est le souvenir numéro un des participants. Veillez à ce que les coureuses soient aussi bien photographiées que les coureurs. Publiez ces photos dans l’appli avec des tags dédiés pour que chaque coureuse retrouve facilement ses images et les partage sur ses réseaux.

Diffusez des témoignages. Avant la course, publiez dans l’appli des portraits de coureuses inscrites : leur parcours, leurs motivations, leurs conseils. Ces contenus inspirent et créent du lien entre participantes avant même le jour J. C’est exactement le type de stratégie que nous détaillons dans notre guide pour fidéliser vos coureurs entre deux éditions.

Proposez des parcours adaptés. Si votre course propose plusieurs distances, mettez en avant les formats qui attirent particulièrement les femmes (10 km, semi-marathon, trail court). Utilisez les notifications de l’appli pour promouvoir ces formats auprès de votre base féminine.

Relayez les collectifs partenaires. Intégrez dans votre appli un espace dédié aux collectifs féminins locaux : leurs prochaines sorties, leurs contacts, leurs événements. Vous devenez un hub pour la communauté running féminine de votre territoire.

Toutes ces fonctionnalités sont disponibles dans les fonctionnalités de Runify. L’appli vous donne les outils ; c’est votre engagement qui fera la différence.

Faire bouger les lignes, dossard par dossard

Le running féminin n’a pas besoin de grandes déclarations. Il a besoin d’actions concrètes, portées par ceux qui organisent les courses. Chaque dossard réservé, chaque vestiaire adapté, chaque coureuse mise en avant sur une affiche est un pas vers la mixité.

Les chiffres sont clairs : les femmes courent. Elles courent en nombre, régulièrement, avec passion. Ce qui manque, ce ne sont pas les coureuses — ce sont les événements qui leur donnent toute leur place.

Vous organisez une course et vous voulez en faire un événement qui rassemble vraiment ? Réservez votre démo et découvrez comment Runify peut vous aider à construire une course plus inclusive, plus visible, et plus engageante pour toutes et tous.

Cet article fait partie de notre guide pour les organisateurs de courses.

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Liz Garnier

Liz Garnier

IA Business developer

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