Sécuriser un parcours de course à pied : le guide complet pour les organisateurs
Organiser une course à pied, c’est bien plus que tracer un itinéraire et distribuer des dossards. La sécurité des coureurs, des bénévoles et du public est une responsabilité majeure. Un incident mal géré peut avoir des conséquences humaines graves et mettre en péril l’avenir de votre événement.
En France, on recense plus de 8 000 courses hors stade par an selon la Fédération Française d’Athlétisme. Chaque année, des accidents surviennent faute de préparation suffisante. Ce guide vous accompagne étape par étape pour sécuriser votre parcours dans les règles.
Les obligations légales : ce que dit la loi
La déclaration en préfecture
Toute manifestation sportive sur la voie publique doit faire l’objet d’une déclaration auprès de la préfecture ou sous-préfecture du lieu de départ. Cette obligation est définie par le Code du sport (articles R331-6 à R331-17).
Les délais à respecter :
- Courses sur route : déclaration au moins 3 mois avant l’événement
- Trails et courses nature : même délai, avec des spécificités liées au passage en milieu naturel
- Courses de plus de 500 participants : homologation obligatoire (délai de 6 mois)
Le dossier comprend généralement le plan du parcours, le dispositif de sécurité, l’attestation d’assurance et la liste des communes traversées.
Les arrêtés municipaux
Pour chaque commune traversée, vous devez obtenir un arrêté municipal autorisant la course et réglementant la circulation. Anticipez les délais administratifs : certaines mairies prennent plusieurs semaines pour traiter les demandes.
L’assurance responsabilité civile
Elle est obligatoire. Votre assurance doit couvrir les dommages corporels et matériels causés aux participants, aux tiers et aux bénévoles. Vérifiez les plafonds de garantie et les exclusions. Pour une course de 500 participants, comptez entre 300 et 800 euros selon les garanties choisies.
Si votre course est affiliée à la FFA, vous bénéficiez d’une couverture via la fédération. Sinon, tournez-vous vers des assureurs spécialisés dans le sport.
La signalisation du parcours
Un parcours mal balisé est la première source de problèmes. Des coureurs qui se perdent, c’est un stress pour tout le monde et un risque d’accident.
Le balisage terrain
Utilisez un système de balisage clair et cohérent :
- Ruban de signalisation aux intersections dangereuses
- Flèches au sol à la peinture éphémère (biodégradable)
- Panneaux directionnels aux changements de direction
- Signaleurs humains aux points critiques (carrefours, passages étroits)
Prévoyez un balisage de jour ET de nuit si votre course démarre tôt ou finit tard. Les bandes réfléchissantes et les balises lumineuses font la différence.
La signalisation routière
Pour les sections sur route ouverte à la circulation :
- Panneaux “Course en cours” aux entrées de zone
- Cônes et barrières aux points de déviation
- Véhicules d’ouverture et de fermeture de course avec gyrophares
- Motards ou cyclistes accompagnateurs pour les têtes de course
Le kilométrage
Marquez les kilomètres régulièrement. Au minimum tous les 5 km, idéalement chaque kilomètre. Les coureurs utilisent ces repères pour gérer leur effort. Un marquage GPS précis renforce la crédibilité de votre événement.
Le dispositif de secours
Le poste de secours principal
Installez un poste médical à l’arrivée avec au minimum :
- Un médecin (obligatoire au-delà de 500 participants)
- Des secouristes diplômés (Croix-Rouge, Protection Civile, etc.)
- Du matériel de premiers soins et un défibrillateur
- Une zone ombragée pour les cas de malaise
Les postes de secours intermédiaires
Sur les courses longues (semi-marathon, marathon, trail), disposez des postes intermédiaires tous les 5 à 7 km. Chaque poste doit avoir :
- Au moins deux secouristes
- Un kit de premiers soins
- Un moyen de communication avec le PC course
- De l’eau et du ravitaillement d’urgence
Les moyens d’évacuation
Prévoyez au moins un véhicule sanitaire capable de circuler sur le parcours. Pour les trails en montagne, identifiez à l’avance les zones accessibles aux véhicules et les points d’hélitreuillage si nécessaire.
Un protocole d’évacuation écrit doit être connu de tous les bénévoles. Qui appelle qui ? Quel numéro ? Quel point de rendez-vous ?
Le suivi médical des coureurs
Exigez un certificat médical ou une attestation de santé selon la réglementation en vigueur. Sur le dossard, prévoyez une zone pour les informations médicales (allergies, traitements). C’est basique mais ça peut sauver une vie.
Les ravitaillements et l’hydratation
La déshydratation est le premier facteur de malaise en course. Votre dispositif de ravitaillement fait partie intégrante de la sécurité.
Le nombre de postes
- 10 km : minimum 2 postes (km 3 et km 7)
- Semi-marathon : minimum 4 postes
- Marathon : minimum 8 postes (tous les 5 km)
- Trail : adaptez selon le dénivelé et la météo
Ce qu’on y trouve
Eau plate en priorité. Ajoutez des boissons isotoniques sur les courses longues. Fruits secs, bananes et sucre rapide à partir du semi-marathon. Par temps chaud, prévoyez des éponges et des brumisateurs.
La gestion des déchets
Installez des zones de jet de gobelets balisées après chaque ravitaillement. Privilégiez les gobelets réutilisables ou les systèmes de distribution directe pour limiter les déchets sur le parcours.
La gestion des conditions météo
Avant la course
Consultez les prévisions 48h avant et le matin même. Définissez à l’avance des seuils d’annulation ou de modification du parcours :
- Température supérieure à 35°C
- Orages violents annoncés
- Vent fort sur les sections exposées
- Verglas ou neige rendant le parcours dangereux
Les adaptations possibles
Plutôt qu’annuler, vous pouvez parfois adapter : raccourcir le parcours, avancer l’heure de départ, ajouter des postes d’eau, imposer un équipement obligatoire (coupe-vent, lampe frontale pour les trails).
Communiquez les modifications le plus tôt possible aux coureurs.
Le rôle des bénévoles dans la sécurité
Vos bénévoles sont vos yeux et vos oreilles sur le terrain. Leur formation est essentielle.
Le briefing obligatoire
Chaque bénévole doit connaître :
- Son poste exact et ses missions
- Les numéros d’urgence (PC course, SAMU, médecin)
- Les gestes de premiers secours de base
- La procédure en cas d’incident
L’équipement des bénévoles
Gilets fluorescents obligatoires. Talkie-walkies ou téléphones chargés avec les numéros pré-enregistrés. Sifflet pour alerter. Plan du parcours avec les postes de secours identifiés.
Le numérique au service de la sécurité
Les outils numériques ont transformé la gestion de la sécurité en course à pied. Ils permettent de gagner en réactivité et en fiabilité.
Le suivi GPS des coureurs
Avec une appli comme Runify, les organisateurs peuvent suivre les coureurs en temps réel sur le parcours. Un coureur qui s’arrête trop longtemps ou qui sort du tracé déclenche une alerte. C’est un filet de sécurité invisible mais redoutablement efficace.
La communication instantanée
Les notifications push permettent d’envoyer des messages à tous les coureurs en même temps. Modification de parcours, alerte météo, fermeture de route : l’information circule en quelques secondes au lieu de dépendre du bouche-à-oreille entre bénévoles.
La gestion des inscriptions et données médicales
Les plateformes d’inscription en ligne centralisent les informations médicales des coureurs. En cas d’urgence, le médecin accède directement aux données du coureur via son numéro de dossard. Plus de fiche papier égarée.
Le bilan post-course
L’appli permet de collecter les retours des coureurs sur la sécurité du parcours. Ces données sont précieuses pour améliorer l’édition suivante.
La checklist sécurité de l’organisateur
Pour ne rien oublier, voici les points à vérifier à chaque étape :
6 mois avant :
- Déclaration en préfecture (si plus de 500 participants)
- Contact avec les communes traversées
- Souscription assurance
3 mois avant :
- Déclaration préfecture (courses standard)
- Recrutement des secouristes
- Repérage terrain du parcours
- Convention avec la protection civile ou la Croix-Rouge
1 mois avant :
- Arrêtés municipaux obtenus
- Plan de secours finalisé
- Briefing préparé pour les bénévoles
- Matériel de balisage commandé
J-1 :
- Balisage du parcours
- Test des communications (talkies, téléphones)
- Vérification des postes de secours
- Check météo
Jour J :
- Briefing bénévoles
- Vérification finale du parcours
- Activation du suivi GPS via l’appli
- Contact confirmé avec le SAMU local
Conclusion
La sécurité d’un parcours de course à pied repose sur trois piliers : la préparation administrative, le dispositif terrain et les outils de suivi en temps réel. Aucun de ces trois piliers ne peut compenser l’absence des deux autres.
Investir dans la sécurité, c’est protéger vos coureurs, vos bénévoles et la pérennité de votre événement. Les outils numériques comme Runify simplifient considérablement cette tâche en centralisant le suivi, la communication et les données essentielles dans une seule appli.
Préparez bien, anticipez les risques, et vos coureurs reviendront l’année prochaine.